Tout_Desproges.jpgLes maisons d'éditions sont friandes des anniversaires. Ils leurs permettent de rééditer à peu de frais (sauf ceux du marketing et de la pub) leurs ouvrages de fond. En augmentant les prix au passage, bien sur. Celui de Pierre Desproges (1939-1988) est donc l'occasion pour le Seuil de nous offrir l'intégrale des textes du plus tendre des cyniques des années 80. Sauf que cette fois-ci, on est ravi et heureux de retrouver les textes les plus corrosifs, les plus drôles, les plus décapants du procureur du Tribunal des Flagrants Délires alias le docteur Cyclopède.
Comme il le disait lui-même "on peut rire de tout mais pas avec tout le monde". De la vie qui n'est faite que choix "La tétine ou le téton, le chêne ou le sapin, la gauche ou Mitterrand?" Du cancer - le sien d'abord, puisque l'on est jamais mieux servi que par soit-même, bien qu'il nous ait affirmé sur scène "j'aurais pas de cancer, je suis contre". De ce que l'on a vu pour en parler "est-ce que le Pape parlerais du stérilet de ma belle-soeur? Est-ce que les communistes parleraient de liberté? Est-ce que je parlerais des communistes?". Des intellectuels français qui ont le courage de "critiquer Pinochet à plus de dix mille kilomètres de Santiago du Chili".
Une plume légère et pleine d'esprit. Parfois trempée dans l'acide mais pour mieux ronger les conformismes et la bêtise et nous faire rire sans la moindre trace de vulgarité ou de grossièreté. "Une fois que je serais mort, je ne suis pas sur que j'aurais envie de revenir".... dommage, parce que nous on aurait bien aimé qu'il reste.

Tout Desproges
Pierre Desproges,
le Seuil, 2008.