logo.gifOn ne remerciera jamais assez Serge Klarsfeld d'avoir lancé l'année Céline. Depuis son appel à la suppression de l'écrivain maudit des Commémorations nationales 2011, dont personnes n'avait entendu parler jusque-là, il ne se passe pas un jour sans qu'un journal, une émission de télé ou une radio n'évoque l'auteur de Voyage au bout de la nuit (1).

Si Serge Klarsfled est mondialement connu et reconnu pour son inépuisable énergie à chasser les nazis cachés de par le monde, il est moins à l'aise en littérature. En effet, personne de sérieux n'ira contester le talent de Céline qui est avec Marcel Proust le plus grand écrivain français du XXe siècle. Ce qui en impose sachant que la France a reçu treize prix Nobel de Littérature et que ni Céline ni Proust ne l'ont eu !

Ce qui est plus grave dans cette histoire, ce n'est pas qu'un ministre se soit contredit du jour au lendemain, mais que de moins en moins de personne arrive à faire le distingo entre Céline Le salop et Céline le génie. Il faut être pour ou contre, blanc ou noir. Quiconque a lu Mort à crédit (1) sait qu'il vient de lire un chef d'oeuvre, doit-on pour autant l'interdire sous prétexte des écrits antisémites de Céline? Non, bien sur. Bagatelle pour un massacre et Voyage au bout de la nuit sont du même écrivain, c'est pourquoi, partout en France, et ailleurs dans le monde, de nombreux ouvrages et colloques évoqueront Céline dans toutes ses dimensions. Pour essayer de comprendre.

(1) Folio.

Édito publié le 3 février 2011.