Christian_dior.jpg«Je vis l’anxiété d’un accusé de cour d’assise» écrit Christian Dior quelques minutes avant le début de la présentation d’une collection. Pourtant Dior fut un homme heureux. Heureux dans son enfance en Normandie, heureux dans son apprentissage de modéliste chez Lucien Lelong, heureux comme patron de lui-même.


Christian Dior a voulu se raconter dans ce livre ou plutôt raconter «l’autre Christian» celui qui devint un homme médiatique, un homme d’affaire reconnu et le père du New Look. C’est de cet homme qu’il nous parle avec affection pendant plus de deux cents pages.
Il commença sa vie comme directeur de galerie d’art et aurait aimé être architecte, mais c’est grâce à son crayon qu’il vécu après la ruine de ses parents. Christian Dior aimait la chose bien faite. C’était un artisan au sens noble et classique du terme, fier de l’ apprentissage qu’il reçu.
Il nous raconte avec détails et nous fait partager ses angoisses lors de ses rendez-vous avec M. Boussac pour le financement de sa maison, le choix de ses premiers modèles par le biais d'une petite annonce publiée dans la presse... et il vit arriver nombre d’anciennes prostituées mises à la rue par Marthe Richard ! Après ce regrettable « malentendu » il pu embaucher Victoire, Renée, France, Tania ou Praline qui surent comme personnes incarner le style Dior, tout en s’échangeant des recettes ou des gâteaux dans leurs cabines d’essayage ! «Une cabine de maison de couture, c’est la négation de tous les régimes» c’est dit ! Quant aux clientes, il était inimaginable que chacune n’eut pas « sa » vendeuse qui connût ses goûts, sa taille et ses mensurations sans oublier ses petits secrets. C'était une autre époque.
Il faudra attendre la fin de ses mémoires élégantes, écrites dans un français parfait, pour qu’il se livre à quelques confidences -oh! pas beaucoup- sur la Normandie, le dessin et la nostalgie. Une mélancolie digne de Marcel Proust. Dans ce livre publié initialement En 1956, il regrette le temps passé, le temps qui passe mais pas le temps à venir. À tort, il mourra brutalement en 1957.

''Christian Dior & moi''
Christian Dior
Éd. librairie Vuibert, 2011
Première édition 1956.

Article publié le 18 janvier 2012.

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