Crepuscule.jpgRebecca et Peter jouissent d’un simple « confort domestique ». C’est-à-dire un loft à Soho, une galerie d’art pour lui et une revue d’art pour elle. Tout roule dans le meilleur des mondes et rien ne doit déranger cette vie sans vagues. Le conflit n’est pas leur mode de communication. Bien au contraire, chacun fait tout pour ne pas entrer en conflit avec l’autre, fut-ce sur des sujets mineurs. Quant aux sujets qui fâchent ou qui pourraient fâcher ils ne sont abordés que du bout des lèvres et la solution la moins conflictuelle est choisie pour garantir le « confort domestique ».

Michael Cunningham a rédigé en trois cents pages l’abc de l’implosion du couple en lui injectant de vrais gros problèmes depuis l’extérieur. L’éloignement de leur fille unique, la mort lente mais annoncée d’une amie et enfin, le retour de Mizzy, le frère toxico de Rebecca.

Détonateur sensuel qui fait exploser les repères fragiles de sa soeur et de son beau-frère. Dénonciateur des mensonges qu’ils s’infligent à eux-mêmes depuis toujours, Mizzy le brillant étudiant de Yale, Mizzy le bon à rien qui quitte Yale du jour au lendemain, Mizzy le drogué permanent, le menteur, le voleur. Mizzy a une vie, pas eux. Mizzy respire, pas eux. Mizzy fait ce qu’il veut pas eux. Mizzy mourra d’avoir trop vécu, pas eux.

La vie vaut-elle d’être vécue sans liberté ou sans contraintes ? Après trois cents pages étouffantes dans un style de plus en plus serré, Michael Cunningham apporte la réponse dans un coup de poing final qui vous mettra KO.


Crépuscule
Michael Cunningham
10-18
7 mars 2013.

Article publié le 6 mars 2013.