La_ballade_de_Rilkers_Island.jpgIl a mis deux mois à le faire, mais c'est fait. Dominique Strauss-Kahn a assigné le 26 mars en diffamation les éditions du Seuil et Régis Jauffret, l'auteur de "La Ballade de Rikers Island". Ce roman met en scène le dirigeant d'une institution internationale accusé de viol (notre actualité).

Olivier Bétourné, le président des éditions du Seuil est furieux : "Les difficultés que le plaignant doit surmonter pour refaire sa vie, après les épreuves que l'on sait, ne sauraient justifier une telle procédure". "Comment ne pas être choqué par le texte de l'assignation en vertu duquel Monsieur Dominique Strauss-Kahn nous cite à comparaître, Régis Jauffret et moi-même, réputés respectivement +complice+ et +auteur principal+ de la prétendue diffamation dont nous nous serions rendus coupables" en publiant le nouveau roman de Régis Jauffret, en janvier poursuit M. Bétourné.

"La Ballade de Rikers Island" relate l'histoire d'un président d'une institution financière internationale, accusé de viol par une femme de chambre d'origine africaine. Il est incarcéré pendant quelques jours dans une prison du continent américain. Libéré sous caution, les poursuites sont finalement abandonnées. A la suite de ces événements, sa carrière est brisée et son épouse demande le divorce, résume la 4e de couverture du roman. Le nom de l'ancien patron du FMI n'est jamais mentionné.

Olivier Bétourné enfonce le clou Le pronom personnel "Il" de "La Ballade de Rikers Island", sous lequel est désigné le personnage principal du livre, "n'est pas Dominique Strauss-Kahn. C'est un personnage de fiction qui est ainsi nommé".
"La République des lettres a ses lois. La première d'entre elle proclame la liberté de l'écrivain. Mon rôle, en tant qu'éditeur (...) consiste à protéger cette liberté-là, dans le respect des lois de la République", écrit-il.

Bien que les avocats du Seuil aient relu chaque ligne du roman, la seule certitude que l'on ai, c'est que les ventes de La ballade de Rikers Island vont reprendre. Quant à la décision de justice, il faudra patienter.


Article publié le 3 avril 2014. (Source : AFP)