Mur Mediterranee.jpgRENTRÉE 2019 "Le pire n'a pas de fond". C'est ainsi que Chochana, une des héroïnes, décrit l'enfer dans lequel elle a emmené son petit frère Ariel et ses amis Ezechiel, Nathan et Rachel. Elle aurait préféré Israël comme destination naturelle mais le Grand Rabinnat de Jérusalem refuse leur judéité car sans preuve. Alors, ce sera la forteresse Europe et un périple insoutenable.

Mur Méditerranée c'est la description minutieuse de la détermination innébranlable de Semhar l'Érythréenne, Dima la Syrienne et Chochana la Nigérianne à quitter leur pays, leurs familles, leurs amis. Minutieusement réfléchi, financé petit à petit au cours de long mois ou d'années de privation, ils partent avec le cœur lourd et la certitude que c'est mieux ailleurs. Leurs périples seront épouvantables car il faudra payer, payer, payer en billets, de son corps, de sa dignité.
Même dans ce cauchemar, il y a une hiérarchie sociale et financière. Sur le chalutier, c'est comme sur le Titanic, il y a plusieurs "classes" : ceux qui ont le moins payé sont au fond de la cale, les moins pauvres sur le pont et les plus riches dans les deux cabines avec matelas en mousse. Mais la peur au ventre, c'est pour tout le monde à chaque fois que le navire menace de se renverser dans le creux des vagues.

Comme des dizaines de milliers d'autres avant eux, ils éteignirent la lumière, fermèrent la porte et s'en allèrent.

Émouvant, révoltant, déchirant, Mur Méditerranée est un long cri d'humanité pour ces migrants et un réquisitoire contre ceux qui construisent des murs. Puissent les jurés du Goncourt récompenser ce livre majeur consacré à un phénomène qui ne fait que commencer.

Louis Philippe Dalembert©OlivierDion 2.jpg Mer Méditerranée
Louis-Philippe Dalembert
Sabine Wespieser
332 pages, 22€
29 août 2019
Crédit photo : ©OlivierDion









Publié le 18 septembre 2019