No_home.jpg"No home" est un roman choral historique d'une grande envergure. Raconter l'histoire des Noirs sur deux continents - l'Afrique et l'Amérique - et leur parcours au fil des siècles, jusqu'à nos jours au travers de la descendance de deux soeurs. La première a été marié par sa mère au commandant Anglais du fort négrier Cape Coast et la seconde a été déportée en Amérique. Des cachots de l'Afrique Noire aux champs de coton en passant par les chantiers navals, Yaa Gyasi déroule les siècles pour mieux montrer la violence subie par les Noirs des deux côtés de l'Atlantique.

Si la première partie évoque la collaboration entre Africains et Anglais dans la traite négrière (les premiers vendaient aux seconds les hommes capturés pour ce commerce), la suite évoque en Amérique l'esclavage des Noirs dans les champs de cotons, les champs de cannes à sucre et les mines de charbon par les Blancs puis la luttes pour l'égalité des droits au XXe siècle. En Afrique, la vie des Noirs sous le joug des Blancs jusqu'à une timide indépendance au cours du XXe siècle.

La cruauté du texte réside aussi dans l'évolution des deux branches. En Amérique, les Noirs s'affranchissent progressivement, accèdent à l'éducation, à l'autonomie et l'indépendance financière grâce à la guerre de Sécession puis aux luttes syndicales pour les salaires, des logements salubres et des droits civiques identiques aux blancs. En Afrique, la tradition orale, les légendes transmises de génération en génération et un mode de vie séculaire figent les Noirs dans une soumissions aux Blancs plus grande qu'en Amérique.

Au XXIe siècle, un Noir est devenu Président des États-Unis, étape ultime d'une évolution commencée trois siècles plus tôt dans les champs de coton ou de cannes à sucre du Sud du pays. Dans le même temps, les multinationales du pétrole, des mines, du gaz, de l'uranium et des du cacao continuent à imposer leurs lois à de nombreux pays africains.

Yen Gyasi, jeune américaine, qui a quitté le Ghana a 2 ans pour les États-Unis, nous offre cette fresque somptueuse, où la peur de l'homme Blanc est la même sur les deux continents. Un roman à rapprocher de Voici venir les rêveurs de Imbolo Mbue, une Camerounaise installée aux États-Unis et de La saison de l’ombre de Léonora Miano, une Camerounaise installée en France depuis 1991.

No home
Yaa Gyasi
traduit de l'américain par Anne Damour
Calmant-Lévy
411p., 21,90€
Janvier 2017


Billet publié le 30 mai 2017
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