Academie_Francaise_logo.pngL'Académie française vient d'élire Andreï Makine au fauteuil numéro 5. Il succède à Assia Djebar (Une Algérienne élue en 1995 et décédée en février 2015). L'Académie a cette façon, si élégante, si subtile de remercier, régulièrement, les écrivains de langue française sans se demander s'ils sont où non français ! En effet, le règlement de la Compagnie n'exige aucune nationalité particulière pour être élu et ce depuis sa fondation par Richelieu en 1635.

Ainsi, Andreï Makine un jeune Soviétique émigré en France dans les année 80 a été naturalisé français en 1996, suite au triple succès du Testament français (Mercure de France). En effet, son livre reçu en 1995 le prix Goncourt, le Goncourt des lycéens et le prix Médicis.
Boualem Sansal (un Algérien) a été récompensé pour 2084 (Gallimard) par le Grand prix du Roman de l'Académie française à l'automne 2015 avec Hédi Kaddour (un Franco-Tunisien) récompensé pour Les Prépondérants (Gallimard).
Il y a quelques semaines Alain Finkelkraut (d'origine polonaise) était reçu à l'Académie au fauteuil 21, quant à Dany Laferrière (un Haïto-Canadien) il a été élu en 2013 au fauteuil n°2 d’Hector Bianciotti (un Italo-Argentin). Au milieu de tous, Marc Lambron, qui sera reçu sous la coupole le 14 avril 2016, fait un peu France profonde pour ne pas dire bouchon lyonnais !

Autant de pays que d'origines mais une seule patrie - la langue française - dont l'Académie est la maison et Madame le Secrétaire perpétuel, le gardien. Voilà une ouverture d'esprit dont Madame le Ministre de l'Éducation (d'origine marocaine et naturalisée française à 18 ans) ferait bien de s'inspirer pour construire l'enseignement du français (plutôt que le détruire).

Thomas COUTENCEAU
4 mars 2016.