Littérature européenne

La rue

RENTRÉE 2026 Une mosaïque ne se contemple qu'une fois terminée, c'est le cas de La rue de l'autrichien Robert Seethaler.

Un Ephad est une communauté, une rue commerçante est une communauté, l'association des commerçants est une communauté. Dans cette rue de la Lande quelque part dans une ville en Autriche - à Vienne par exemple, mais cela pourrait se passer aussi bien à Berlin qu'à Budapest ou Paris - à une époque postérieure à 1983 mais pas encore envahie par les appareils électroniques, une communauté vit au jour le jour.

Robert Seethaler décrypte les gestes de chaque habitant de la rue : le bouquiniste fraichement installé (qui remplace un marchand de charbon), la directrice de l'Ephad et ses pensionnaires, le comptable de l'association des commerçants pour qui la fête de la rue de la Lande en novembre est un vrai probleme quand d'autres n'y voit qu'une beuverie. Après l'aventure individuelle dans Le café sans nom, Robert Seethaler déploie l'aventure collective au sein d'une rue : la vie, l'amour, la mort, un jeune homme tabassé, un libraire qui chasse les insectes de ses vieux ouvrages, le doute au sein d'un couple, la vie de famille, la police en manque d'effectifs, les clichés sur les étrangers, les femmes aux mœurs légères ou encore le médecin (qui boit un peu trop), le nouveau curé qui remplace un vieux curé malade (et ses démons...). Enfin, que serait une rue sans des promoteurs/prédateurs immobiliers prêts à tout pour mettre la main sur une grosse partie de la rue.

La rue est une délicate mosaïque qui prend tout son sens une fois la dernière pièce posée. Saisissant.





La Rue
Robert Seethaler
Sabine Wespieser
Traduit de l'allemand (Autriche) par Élisabeth Landes
224p., 22€.
27 août 2026

Autres textes de Robert Seethaler
Le café sans nom (Sabine Wespieser 2023)
Le dernier mouvement (Sabine Wespieser 2022)

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