RENTRÉE 2025 Vous cherchiez la pépite de cette rentrée littéraire 2025 ? La voici, un texte pudique, sensible et tendre, une lettre d'adieu à un ami disparu, à un ami qui n'a jamais été vraiment vivant, qui fut sans avoir vécu, un portrait d'adieu à village tout le monde survit, un linceul jeté sur une enfance de rien.
Au début, le verbe est déroutant, heurté, sensible, on trébuche. Et puis, on respecte la musicalité du texte, sa respiration, enfin, toute l'émotion affleure, on respire les brumes, on voit apparaitre les maisons, les silences, la pauvreté, la gène, on voit disparaitre progressivement l'ami. On pense qu'il manque une virgule, mais si on retourne une virgule, cela donne une croche comme pour la musique, les virgules sont bien là, invisibles, soutenant la partition de Daniel Bourrion dont la délicatesse ressemble à de la dentelle (au crochet bien sur).
On pense à Marie-Hélène Lafon, à Pierre Michon, à Christian Bobin, portrait des taiseux des terres oubliées de la province française. On pense que 125 pages, c'est largement suffisant pour donner un beau roman.
Le pays dont tu as marché la terre
Daniel Bourrion
Héloïse d'Ormesson
125p., 16€
Août 2025
Article publié le 6 septembre 2025
