JBz_Photo.jpgLes toutes jeunes éditions JBZ - traduisez Jacques Binsztok - sont nées sous l'aile des éditions Hugo et Cie fin 2009. Jacques Binsztok nous reçoit dans la cour de sa nouvelle maison, inondée de soleil et de cris d'enfants. Il n'a pas sa langue dans poche pour évoquer le numérique et sa rentrée littéraire. Par contre, lui arracher un mot sur Le Seuil dont il claqua la porte en novembre 2004, lorsque Hervé de la Martinière arriva, c'est mission impossible.

Lalettredulibraire.com : Êtes-vous pour ou contre le livre numérique?
Jacques Binsztok : Sur ce sujet, j’entends des conneries depuis vingt ans! Le numérique, le principal souci, c’est de ne pas se faire pirater et de tirer les leçons de l’échec de disque. Le problème est de savoir comment est payé l’auteur, l’éditeur, le traducteur. Certains livres auront du mal à changer de support même si les deux reproductions, papier et numérique, cohabiteront longtemps. Regardez les ventes de bandes dessinées, elles n’ont pas chuté après les débuts du numérique. L’Ipad soutient la comparaison et est compatible avec le livre. Le plaisir sera différent sur les deux supports mais avec des sens différents. Il y a une sensualité du livre que l’on ne retrouve pas dans le livre numérique.
On ne peut pas faire la même chose sur papier et sur support électronique. Les livres n’auront pas la même signification dans vingt ans ou trente ans. Le rapport au livres changera avec les jeunes et Je suis convaincu qu’il y aura des modifications de contenu (à distance) avec le livre numérique.(cf Jasper FFORD) De toute façon, Quand le livre aura disparu, je serais mort !

Lalettre : Avez-vous la nostalgie des éditions Panama (1)?
J.B. : Non. De plus, de nombreux titres vont ressortir que ce soit chez JBZ ou ailleurs, mais JBZ éditions n’a pas vocation à refaire le catalogue de Panama.

Lalettre : Quelles réflexions avez-vous sur le Seuil depuis son rachat par le groupe La Martinière?
J.B. : Pas de commentaire.

Lalettre : Pouvez-vous nous présentez Les Rillettes de Proust? (2)
Rilletes_de_Proust.jpg J.B. : Le livre est arrivée par coursier le matin, lu en début d’après-midi et signé en fin d’après midi. Il avait été refusé par son éditeur habituel (Liana Lévi). Un peu comme Le Bréviaire des petits plaisirs honteux. Le manuscrit est arrivé par la poste et les ventes vont crescendo depuis.breviaire_des_plaisirs_honteux.jpg

Lalettre : Présentez-nous votre rentrée.
J.B. : Extraball de Vincent Bernière explore l’addiction au sexe après celle à la drogue (Shoot again, Panama, 2007). second volume d’une trilogie sur les addictions, la troisième sera consacrée au jeux.
Halte à Yalta de Emmanuel Ruben, un jeune homme de 29ans brillant, intelligent sorti premier à l’agrégation de géographie. Il y a quelque chose de Gracquien chez Ruben. Son premier roman a les défauts d’un premier roman mais Ruben est très doué. Il va faire carrière parce qu’il écrit très bien. en plus, il dessine super bien et est un cycliste accompli.
Séparable de Corine Blue-Bosselet un texte bref signé en 2minute 12. Chaque chapitre commence par la disparition d’un morceau de l’anatomie de son amant. Un livre de femme qui aime les hommes.

Lalettre : Et en octobre?
J.B. : le 5 octobre une biographie de Janis Joplin pour les quarante ans de sa mort, ainsi qu’une biographie de Paul MC cartney (3) de 500 pages par François Plassat. C'est la première vraie bio sur le Beatles. Enfin, trois albums jeunesse sortiront au moment du salon de jeunesse de Montreuil (4).
Début 2011, nous publieront des lettres de personnages de romans qui écrivent à leurs auteurs pour se plaindre de leurs traitements. La lettre de Zazie à Queneau est dans le style de Zazie. Enfin, nous développons depuis le début de l'année une collection de petits livres d’humour littéraire en petit format et pas trop cher.

Lalettre : Un livre à conseiller à nos lecteurs?
J.B. :  : Les disparus de Daniel Mandelhson (éd. Flammarion et j’ai lu) et Le club des policiers yddishs. (éd. Robert Laffont et 10-18).

(1) Fondées par Jacques Binsztok en 2005 et dissoutes en Juin 2009.
(2) Délicieux petit livre plein de bons mots, de mots/maux d'esprits à lire d'urgence pour retrouver le goût du verbe!
(3) Jacques Binstok avait édité l’album sur Les Beatles au Seuil.
(4) du 1er au 6 décembre 2010.

Remerciements : Jacques Binsztok, Adeline Escoffier, éditions JBZ.