Dynasties_du_luxe.jpgOn peut lire Les dynasties du luxe de deux façons. La première qui consiste à s’éblouir des parcours fantastiques de personnalités hors du commun. De l’orpheline Gabrielle Chanel au cordonnier Salvatore Ferragamo en passant par le très discret Thierry Hermès sans oublier les Gucci dont les comportements rappellent ceux des Borgias.

La seconde est de constater le fossé qui sépare le monde des possibles de la fin du XIXe siècle à l’étendue des interdits du début du XXIe siècle. En effet, un enfant de dix ans prendrait-il de lui-même l’initiative de monter son atelier comme Ferragamo puis de prendre quatre ans plus tard le bateau de Naples à New York et le train de New York à Los Angeles ? Non, car la société d'aujourd'hui lui interdit. Quant aux contraintes juridiques ou financières, elles n’existaient quasiment pas et les contrats ne faisaient que quelques pages. On est loin des tours de passe-passe de LVMH pour mettre la main sur Hermès dont les héritiers auraient dû se souvenir qu'en 1999 le groupe de Bernard Arnault avait essayé de conquérir Gucci en achetant des paquets d’actions dans le plus grand secret... Jusqu’à ce que François Pinault ne rafle la mise.

Enfin, il faut retenir de ces parcours exceptionnels les qualités humaines des fondateurs de dynasties : une confiance en soi inébranlable, une santé de fer et la certitude que le travail est toujours récompensé. Les dynasties du luxe est une bouffée d’optimisme pur dans le monde gris qui nous entoure, une rasade d’oxygène qui nous donne envie de conquérir le monde une flûte de champagne à la main !


Les dynasties du luxe
Yann Kerlau
Perrin, octobre 2010.
460 p. 23€.

Article publié le 4 mars 2011.

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