La_porte_des_enfers_poche.jpgComment garder le lien avec ceux qui sont morts et que devient la part de nous-même qu'ils emportent avec eux ?

C'est la douloureuse expérience qui attend Matteo lorsque son petit garçon meurt dans une fusillade à Naples. Lui et sa femme Guiliana sont renvoyés à une inexorable solitude, chacun enfermé dans sa propre douleur. Jusqu'à cette demande : "Rends-moi mon fils, Matteo. Rends-le moi, ou, si tu ne le peux pas, donne-moi au moins celui qui l'a tué!"

C'est alors que, s'enfonçant de plus en plus dans la nuit de Naples, Matteo va s'engager dans cette aventure folle, jusqu'à la porte des Enfers...
Loin des modes et des facilités de l'autofiction, Laurent Gaudé poursuit une oeuvre, une de celles faites pour rester et traverser le temps. Sa longue fréquentation avec les textes de théâtre et les grands mythes, sa propre pratique de dramaturge, lui ont sans doute donné cette force et cette foi dans la parole. Car sa langue résonne comme une parole dite et pas uniquement comme des phrases écrites qui glissent en nous mais n'ont pas toujours la puissance incantatoire du verbe.

Avec La porte des Enfers, Laurent Gaudé renoue avec ce qui fait véritablement son style, celui de Cris, de la Mort du roi Tsongor et qui "raconte" des histoires aux hommes, ces êtres de chair et de sang qui portent pourtant en eux parfois une part de merveilleux. Toujours amoureux de l'Italie du Sud, l'auteur a cette fois placé son roman à Naples, terre des contrastes par excellence où tradition et superstition rejoignent les mythologies les plus anciennes et les plus universelles. Alors poussez la "porte des Enfers", c'est un voyage littéraire que vous ne devriez pas oublier.

La porte des enfers
Laurent Gaudé
Babel.