Tangente_vers.gifTangente vers l’est est une grosse nouvelle que Maylis de Kérangal a su magnifiquement éclairer de l ‘âme russe qui flotte dans chaque wagon, ou s’entassent les bidasses ou les paysannes. Il sont violents, grossiers révoltés et soumis à un pays qu’ils ne quitteraient pour rien au monde. C’est leurs pays, et le lac Baïkal - « l’œil bleu de la Terre » - est leur lac.

Le Transsibérien quitte Moscou pour Vladivostok, soit 9200 kilomètres et sept fuseaux horaires traversés. Autant de possibilités de changer d’avis, de vie ou de mourir. Tel Aliocha, un jeune russe qui quitte sa campagne pour son service militaire, là-bas, au loin, au bout de la ligne, en Sibérie, mais en fait, il ne sait pas trop ou. Ce dont il est sur c’est de ne pas vouloir faire ce service militaire. Il y a Hélène, la française, amoureuse folle d’un Russe qu’elle décide de fuir donc. Tout quitter par amour voilà un des piliers de la tragédie russe. Tout quitter pour retrouver l’amour au milieu de nulle part, dans un train.
Dans le Transsibérien, Tout le monde fuit quelque chose, un amour, une femme, une maîtresse, un avenir, un passé. Ce huis-clos au milieu des grands espaces est à déguster bien frappé.

Tangente vers l’est
Maylis de Kérangal
Verticales, Janvier 2012
128p., 11,50€.
Roman
Article publié le 9 mai 2012.

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