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LITTÉRATURE FRANÇAISE
27 AOÛT 2015

LE METTEUR EN SCENE POLONAIS
ANTOINE MOUTON
PREMIER ROMAN
120p.
mouton_metteur-scene.indd LE RÉSUMÉ :

À l'origine, une idée simple : que se passerait-il si un livre changeait tandis qu'on ne le lit pas ?
Idée a priori plaisante, mais qui rendra fou le metteur en scène polonais, auquel un directeur de théâtre parisien a confié la tâche d'adapter pour la scène le roman d'un auteur autrichien, roman dont les personnages et les situations disparaissent d'une lecture à l'autre.
Les répétitions parisiennes sont catastrophiques : un interprète alcoolique traduit pour les comédiens français les invectives du metteur en scène polonais, un comédien engagé n'a pas été distribué, le spectacle durera huit heures, le budget a été largement dépassé, une grosse armoire trône au milieu du plateau...
Le récit tente de réunir les éléments ayant conduit le metteur en scène polonais à se comporter de la sorte. Nous traversons ainsi différentes époques à ses côtés : la mise en scène des Démons de Dostoïevski dans un stade de football en Pologne ; l'héritage inattendu d'une armoire léguée par une inconnue désignée sous le nom de madame X, activement recherchée par un détective portugais ; le voyage en Autriche jusqu'au château dont il est question dans le roman de l'auteur autrichien, en compagnie de tous les comédiens sauf un laissé à Varsovie, ainsi que de l'armoire ; et la première folie du metteur en scène polonais, survenue vingt ans plus tôt, à cause de la disparition de sa femme, laquelle revint un an plus tard sans jamais avouer ce qu'elle a fait lors de cette année passée loin de lui.

Nous suivrons, dans la déchéance du metteur en scène polonais, bon nombre de personnages :
- la grande actrice française à laquelle on aurait dû donner le premier rôle mais que le metteur en scène polonais s'ingénie à cacher sous une fourrure en fond de scène ; - le directeur du théâtre, qui voulait pour une fois prendre un risque, mais qui ne pensait pas que le désastre serait tel ;
- la femme du metteur en scène polonais, cloîtrée dans sa chambre d'hôtel à Paris, lisant des livres et buvant du thé à longueur de journées ; - le philosophe grec, logeant dans le même hôtel que le metteur en scène polonais, venu en France avec ses chiens parce qu'il ne pouvait pas se résoudre à les laisser à Athènes, étant donnée la situation en Grèce, et dont la place dans cette histoire semble d'abord anecdotique avant de devenir primordiale (car tout finit toujours par la Grèce).
Les personnages sont autant de figures qui se révèlent comme dans un jeu de cartes, abattues sur la table, aussitôt recouvertes, et remises en jeu pour le coup final. Entre eux et le metteur en scène polonais, il n'y a plus de discussion possible, seulement quelques œufs durs. Dans la poche du metteur en scène polonais se niche une impressionnante quantité d'œufs durs, que ceux qui devraient négocier, parlementer ou sermonner, préfèrent soudain partager avec lui plutôt que de lui faire le moindre reproche.


L'AUTEUR :
Antoine Mouton est né en 1981. Il a publié, depuis 2004, quatre livres (nouvelles et poèmes) aux éditions La Dragonne et Les Effarées, dont Au Nord Tes Parents, Prix des apprentis et lycéens de la région PACA. Le Metteur en Scène Polonais est son premier roman, arrivé par la Poste aux éditions Bourgois. Antoine Mouton travaille actuellement comme libraire au théâtre de la Colline à Paris. Il écrit pour les revues Trafic et Jef Klak.


LE 3 SEPTEMBRE 2015
PLACE DES FÊTES
MICHEL DEUTSCH
342p.
place-des-fetes-V3.indd LE RÉSUMÉ :
Ce roman est l’histoire de deux frères à la recherche de leur père, Pierre Galien, qui fut impliqué dans la guerre d’Algérie. Perdus dans l’inextricable labyrinthe des intrigues des perdants de l’histoire, ils doivent aussi faire face à différents jeux de pouvoir. -Louis est un scénariste connu. Il a conçu une série policière dont l’audience bat des records depuis des semaines. Son ambition est désormais de réécrire Le Tour de la France par deux enfants, bréviaire de l’école primaire républicaine qui fut tiré à 3 000 000 d’exemplaires à sa sortie en 1877, pour en faire un road-movie contemporain. À travers ce projet, Louis souhaite enquêter sur l’état actuel de l’idée de la France, interroger l’apparente perte de légitimité de la nation. Soucieux d’écouter ceux qui pensent que l’utopie égalitaire et multiculturaliste dissout les savoir-vivre communs, déstructure les manières de parler et empêche le fonctionnement des institutions, il voudrait cependant inscrire en exergue du film cette phrase du Tableau de la France de Vidal de la Blache: « Nous croyons fermement que notre pays tient en réserve assez de ressource pour que de nouvelles forces entrent en jeu et lui permettent de jouer sa partie sur l’échiquier indéfiniment agrandi ». - François, le frère aîné, a choisi le métier des armes comme son père. Il a combattu en Bosnie, en Afghanistan et est sur le point d’obtenir ses étoiles de général. Il est spécialiste de la contre-insurrection. Son approche des guerres d’un type nouveau est donc avant tout politique. Leurs combats respectifs répondent à une commune quête du père, disparu depuis près de trente ans. Une quête d’autant plus perturbante que le corps de Pierre Galien n’a jamais été retrouvé. L’ex-capitaine, qui s’était reconverti dans l’immobilier, a soudainement disparu. Dans les premiers temps Jeanne, sa femme, avait essayé de se persuader que son mari était toujours en vie. Rapidement, elle avait toutefois dû se rendre à la terrible réalité : Pierre était mort et il était trop tard ou trop tôt pour se joindre au noir colloque des veuves d’officiers tombés pour la France. Le capitaine avait en effet participé au putsch des généraux du 21 avril 1961 à Alger. Après l’échec du putsch, il a été dégradé et chassé de l’armée. Lorsqu’il a disparu, la police avait d’abord parlé d’une affaire liée à des trafics dans l’immobilier. Mais la famille de Pierre n’avait aucun doute : il s’agissait d’un crime politique. En interrogeant le seul témoin de l’enlèvement, Louis, qui avait dix ans à l’époque, les inspecteurs de la PJ avaient orienté les recherches vers les anciens de l’Algérie française, l’OAS et les milieux d’extrême droite. Sans résultat. Mais les policiers, qui n’aimaient pas cette famille de bourgeois catholiques, ne s’étaient pas montrés très zélés dans la résolution de cette affaire. Après une année d’errements, de démentis, de revirements, la police avait classé le dossier. En prise au désarroi et à la colère face à tant de non-dits, la famille de Pierre était résolue à relancer l’enquête. Le beau-père de Pierre, avocat pénaliste réputé, a alors fait appel à un détective privé, Raymond Luizet. Si on se fiait au récit de Louis, les hommes du commando qui avaient enlevé son père étaient des anciens de l’OAS qui reprochaient au capitaine d’avoir manqué à sa parole d’officier en donnant des noms de membres de l’organisation. Cette piste, plus sérieuse que les autres, avait été négligée par la police. Luizet, en revanche, était parti de cette hypothèse. Toutes les pistes menaient alors en Espagne qui, à l’époque de Franco, avait été un soutien inconditionnel de l’OAS. L’organisation était d’ailleurs née à Madrid, le 11 février 1961. L’Espagne avait déjà servi de refuge à d’anciens dirigeants de Vichy avant de devenir une base arrière des activistes de l’Algérie française. Malgré sa ténacité, les investigations du détective se heurtèrent à l’omerta des réfugiés. Très vite il fut l’objet de menaces qui le persuadèrent qu’il avait intérêt à renoncer à enquêter, comme l’avait fait la police. Au printemps 2005, une lettre du détective désormais à la retraite, adressée à Louis, relance l’affaire de la mystérieuse disparition du capitaine Galien. Jeanne, Louis et François vont-ils enfin apprendre la vérité?


L'AUTEUR :
Michel Deutsch est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages – poèmes, essais, pièces de théâtre. Avec Jean-Paul Wenzel et Michèle Foucher, il a été à l’origine, en France, de ce qu’on a appelé le « Théâtre du Quotidien ». Il a travaillé pendant une dizaine d’années comme dramaturge et metteur en scène au Théâtre National de Strasbourg avec Jean-Pierre Vincent. Il s’est ensuite tourné vers Hölderlin et la Tragédie Grecque avec Philippe Lacoue-Labarthe. Dans les années 1990, il a collaboré avec André Wilms pour explorer un théâtre politique et musical avec une série de spectacles intitulés Imprécations (Théâtre de la Bastille, TNS...). Il a ensuite travaillé à différents projets télévisuels : pour France 3, il a réalisé Alsace, terre étrangère, Hôtel de l’Esprit, Le Voyage à Tübingen et "Ils étaient comme à la recherche de rêves perdus". Pour Arte, il a co-écrit avec Henri de Turenne le scénario de Les Alsaciens ou Les deux Mathilde (réalisation Michel Favard), qui a été distingué par un Sept d’Or et le Grime Preis du Meilleur scénario. Avec Bernard Favre, il a écrit Surface de réparation (Arte). Il a également réalisé un long métrage (pas encore distribué) : Le principe incertitude. Pour France Culture, il a notamment écrit Meeting with Hammett, Aujourd’hui et La Disparue, réalisés par Blandine Masson. Parmi ses dernières réalisations théâtrales, on peut citer Desert Inn (Théâtre de l’Odéon, Paris), Wozzeck d’Alban Berg (Opéra de Nancy), Abschied (Théâtre du Marstall - Munich), Müller Factory (Théâtre Saint-Gervais à Genève, MC 93, Bobigny) et La décennie rouge – Grand prix de littérature dramatique 2008 – (MC 93 et Théâtre de la Colline, Paris), Le Pont des Ombres de Olivier Dejours (Opéra de Strasbourg), L'Invention du monde de Olivier Rolin (MC 93), Rousseau 13 (Théâtre du Saint-Gervais, Genève), La Chinoise 2014 (Th. Saint-Gervais, Genève, MC93). Ses pièces ont été traduites en une dizaine de langues et mises en scène en France notamment par Robert Gironès, Jean-Louis Hourdin, Michèle Foucher, Pierre Strosser, Jean-Pierre Vincent, Georges Lavaudant, Alain Françon, Matthias LanghoffSes textes sont publiés aux éditions de L’Arche et aux éditions Christian Bourgois où il codirige la collection « Détroits » créée avec Jean-Christophe Bailly et Philippe Lacoue-Labarthe. Germania, tragédie et état d’exception – une introduction à l’œuvre de Heiner Müller, Mamco, Presses du réel, Genève, a paru en mars 2012.


LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE :
LE 20 AOÛT 2015
DELIVRANCES
TONI MORRISON
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Christine Laferrière
180p.
delivrances_V1+bande.indd RÉSUMÉ :
Lula Ann Bridewell, fille de « mulâtres au teint blond », est si noire de peau à la naissance que sa mère, Sweetness, n’éprouve pour elle que du dégoût. Son père, ne la croyant pas de lui, quitte le domicile conjugal. Sweetness (« Douceur ») élève durement – et sans jamais cacher sa répugnance – la fillette, prête à tout pour que sa mère daigne la toucher. C’est seulement quand Lula Ann fait un faux témoignage contre une institutrice accusée de pédophilie que Sweetness, fière qu’elle ait contribué à faire incarcérer une Blanche, lui prend la main. L’accusée est condamnée à vingt-cinq ans de prison. Quinze ans plus tard, Lula Ann s’est transformée. Elle est désormais « Bride » (« future épouse » ou « jeune mariée ») et, sur les conseils d’un coach, ne porte plus que des vêtements blancs, comme autant de costumes soulignant sa noirceur et sa beauté. Sensuelle et épanouie, elle entame une brillante carrière dans le secteur des cosmétiques et élabore sa propre ligne de produits : TOI, MA BELLE. Lors d’une conversation avec son amant Booker, elle dit envisager d’aller voir Sofia Huxley, l’institutrice inculpée, dès sa mise en liberté conditionnelle. Si Booker ignore qu’elle a témoigné à tort, Bride ignore qu’il a perdu un frère, victime d’un pédophile ; d’où son incompréhension lorsqu’il la quitte. Bride aborde Sofia Huxley à l’instant même de sa sortie de prison, mais sans succès ; elle décide donc de la suivre jusqu’au motel où elle choisit de passer sa première nuit de liberté. Quand Bride, chargée de cadeaux, va la trouver dans sa chambre et dit qui elle est, Sofia Huxley la frappe avec une telle violence qu’elle mettra longtemps à se rétablir, non sans l’aide de sa blonde amie et collègue Brooklyn. Parmi le courrier en souffrance, Bride découvre une facture adressée à Booker. Le magasin qui l’a envoyée lui indique qu’elle pourrait le retrouver chez « Q. Olive », à Whiskey. Bride entreprend le trajet, mais est victime d’un accident de voiture. Au terme d’une nuit passée dans son véhicule, elle aperçoit face à la vitre une petite fille fascinée par sa couleur de peau, qu’elle n’a certainement jamais vue : c’est Rain, ainsi baptisée pour avoir été recueillie « sous la pluie » par Steve et Evelyn. Rain va chercher Steve ; le couple héberge Bride et la soigne pendant un mois, dans ce qui semble un ancien atelier dépourvu d’équipements modernes. Les liens que Bride tisse peu à peu avec ses trois sauveurs lui enseignent un mode de vie dépouillé, mais lui font aussi gagner la confiance de Rain : celle-ci lui confie avoir été mise à la rue par une mère qui la prostituait. Une fois sa cheville guérie, Bride se rend chez Queen Olive, qui n’est autre que la tante de Booker. Cette « Reine », cuisinière hors-pair aux cheveux roux flamboyant, lui offre à dîner et la prépare à sa rencontre avec Booker, qui habite non loin, en lui révélant certains aspects de sa personnalité. Les retrouvailles sont marquées par une violente dispute durant laquelle chacun s’explique : Booker a quitté Bride car il la croyait compatissante envers une femme perverse, alors qu’il souffre encore de l’assassinat de son frère Adam par un pédophile ; Bride avoue avoir menti au tribunal pour tenter de gagner l’affection de sa mère. Peu après, la maison de Queen prend feu. Queen meurt à l’hôpital, mais le couple s’est réconcilié : Bride a exorcisé son mensonge et Booker s’est enfin libéré du souvenir d’Adam, qui l’étouffait. Bride annonce alors à Booker qu’elle est enceinte de lui.

L'AUTEUR :
Toni Morrison est née en 1931 à Lorain (Ohio) dans une famille ouvrière de quatre enfants. Après des études de lettres et une thèse sur le thème du suicide dans l’œuvre de William Faulkner et de Virginia Woolf, elle fait une carrière de professeur aux universités de Texas Southern, Howard, Yale et Princeton. Après avoir travaillé comme éditrice chez Random House, elle obtient en 1988 le prix Pulitzer avec Beloved. Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 1993. Aujourd’hui retraité de l’université, Toni Morrison a toujours eu le souci de s’entourer d’artistes contemporains - musiciens, plasticiens, metteurs en scène - avec qui elle a régulièrement collaboré. En septembre 2011, elle a ainsi présenté l’adaptation de son Desdemona par Peter Sellars au théâtre des Amandiers de Nanterre. Barack Obama lui a remis la Presidential Medal of Freedom en 2012. En 2015, elle a obtenu le National Book Critics Circle's Lifetime Achievement Award.

MONTECRISTO
MARTIN SUTER
Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni
340p.
suter_montecristo 2.indd LE RÉSUMÉ :
Jonas Brand, 38 ans, est un vidéo-reporter zurichois spécialisé dans les émissions télé people.
Un jour, il réalise qu’il est en possession de deux coupures de cent francs suisses dotées du même numéro de série – ce qui est théoriquement impossible. Quelque temps après, alors qu’il a pris un train pour rejoindre un événement mondain, un « incident voyageur » survient: un homme s’est apparemment suicidé en se jetant du train dans un tunnel. Dans la foulée, Jonas se fait cambrioler, puis agresser dans la rue.
L’enquête sur les billets et celle sur le suicide ne vont pas tarder à se croiser. Jonas Brand remonte la piste, rencontre Adam Dillier, responsable de la sécurité de la Coromag, la société chargée d’imprimer les billets de banque suisses. Mais il ignore que celui-ci en réfère aussitôt à William Just, PDG de la plus grande banque du pays : Brand a soulevé une affaire bien plus grosse qu’il ne l’imaginait.
Soudain, on vient lui reparler d’un vieux projet de film, un scénario intitulé Montecristo que personne n’a jamais voulu tourner par manque de budget. Un producteur lui annonce qu’il a finalement trouvé le financement pour tourner. Malgré les mises en garde de son ami Max Gantmann, journaliste spécialisé en économie, Jonas part effectuer des repérages en Thaïlande. Sur place, il échappe de peu à un coup monté pour le faire emprisonner à vie. Il parvient néanmoins à rentrer en Suisse et se plonge dans la préparation du film, délaissant un peu son enquête. Mais il est vite rattrapé par la réalité : il apprend que les billets qu’il croyait faux sont bel et bien authentiques. Ce qu’il avait appréhendé était une manipulation de grande ampleur, qui menace de faire péricliter l’ensemble du système bancaire suisse.
Que dissimulent ces deux coupures de cent francs à numérotation identique ? Quelles pertes gigantesques la banque qui a émis les billets cherche-t-elle à cacher ? Est-ce elle qui a envoyé Jonas à Bangkok et fait cacher une livre de cocaïne dans sa sacoche ? Qui est ce mystérieux rouquin que Jonas croise de plus en plus souvent au fil des pages ? Quel rôle exact joue Marina, la jeune femme qui le soutient dans ses recherches et semble pourtant avoir d’étranges relations dans ce milieu ?

L'AUTEUR :
Martin Suter est né à Zurich en 1948. Après avoir été publicitaire à Bâle, il multiplie les reportages pour Géo. Il est devenu scénariste pour le cinéaste Daniel Schmidt et a écrit des comédies pour la télévision. Depuis 1991 il se consacre à l’écriture de romans. Il vit entre la Suisse, l'Espagne et le Guatemala. Small World a obtenu le prix du Premier Roman dans la catégorie «romans étrangers». Martin Suter a également contribué au dernier album de son compatriote le musicien Stefan Eicher, pour qui il a écrit les textes de trois chansons sur Eldorado (2007) et travaillé au projet d’une comédie musicale. Son roman Small World a été adapté au cinéma par Bruno Chiche en 2011.


LE 3 SEPTEMBRE 2015
MARIENBAD ELECTRIQUE
ENRIQUE VILA-MATAS
Traduit de l’espagnol par André Gabastou

LE RÉSUMÉ :
Du 22 septembre 2015 au 1er février 2016, une grande exposition sera consacrée à l’œuvre de Dominique Gonzalez-Foerster au Centre Pompidou. À cette occasion Enrique Vila-Matas a conçu un texte pour accompagner le travail de cette artiste qu’il suit depuis des années. Après Impressions de Kassel où, entre perplexité, ironie, humour et fascination, il se confrontait ouvertement à l’art contemporain, Enrique Vila-Matas poursuit ainsi son immersion dans ce champ artistique. S’appropriant les thématiques et les questionnements de Dominique Gonzalez-Foerster, il interroge la question de la représentation contemporaine et propose de nouveau un bel éloge de l'art. Ce livre témoigne aussi d’une complicité intellectuelle entre deux artistes dont les échanges permanents stimulent et nourrissent leur créations réciproques. Enrique Vila-Matas voit lui-même Marienbad électrique comme « un livre sur mes relations avec Dominique Gonzalez-Foerster et notre pratique créative et animée de l’art de la conversation, un texte sur divers parallélismes et correspondances dans nos méthodes de travail respectives. » « Je comprends de mieux en mieux que nos rendez-vous au café Bonaparte et le joie irrésistible d’un échange d’idées sans inhibitions qui les accompagne deviennent, au fond, de petites tentatives de nager sous l’eau et de retenir notre respiration. De petites fêtes discrètes de l’esprit, toujours dans l’attente du plus émouvant, n’ignorant jamais qu’il est encore possible d’aller à la rencontre de tout. » « Les courriers électroniques échangés pendant des années sont une prolongation de l’agitation verbale de nos rendez-vous parisiens, dans lesquels nous poursuivons notre dialogue sur « l’état des choses », du moins dans notre république particulière de l’art. » Enrique Vila-Matas

L'AUTEUR :
Enrique Vila-Matas est né à Barcelone en 1948. À dix-huit ans, il est embauché comme rédacteur dans une revue de cinéma, Fotogramas, pour laquelle il réalise parfois de fausses interviews. De 1974 à 1976 il vit à Paris dans une chambre de bonne louée par Marguerite Duras. Il raconte ses aventures parisiennes trente ans plus tard dans Paris ne finit jamais (2004). De retour dans sa ville natale en 1976, Enrique Vila-Matas se consacre à l’écriture ; il est également chroniqueur pour divers journaux catalans. Il a reçu le prestigieux prix Herralde de Novela en 2002 et le prix Médicis étranger 2003 pour Le Mal de Montano.

Dominique Gonzalez-Foerster est née en 1965 à Strasbourg. Elle a s'est fait connaître dans les années 90 par ses "chambres" qui prennent la forme d'environnements rappelant les espaces intimes d'un appartement. En 1996, elle réalise "Ile de beauté" son premier film 35 mm en collaboration avec Ange Leccia. La plupart de ses films seront de longues errances solitaires, où la narration devient indécise. Pour Dominique Gonzalez-Foerster, le film est le médium qui se prête le mieux à l'enregistrement de la ville, des durées et des états psychologiques. Chaque film est un moment donné, une expérience de l'espace aussi bien à Kyoto, Copacabana qu'à Hong Kong, où elle a suivi les traces du cinéaste Wong Kar-Wai. Elle fait partie de cette génération d'artistes qui a refusé le repli sur soi et placé son travail au croisement de disciplines et d'échanges d'idées qui l'ont amenée à travailler avec des artistes, des réalisateurs, des musiciens, des metteurs en scène. Lauréate du prix Marcel Duchamp en 2002, Dominique Gonzalez-Foerster a exposé, entre autres, à la Dia Arts Foundation, New York (Chronotopes & Dioramas, 2009) ; à la Turbine Hall, Tate Modern, Londres (TH.2058, Unilever Series, 2008) ; au MUSAC Museo de Arte Contemporáneo de Castilla y Léon (Nocturama*, 2008) ; et au Musée d'art moderne de la ville de Paris / ARC, (Expodrome, 2007). Elle a également participé à Skulptur Projekte Münster (2007) et à la Documenta XI, Kassel (2002). Elle vit entre Paris et Rio de Janeiro.


(Les résumés sont de l'éditeur)
Article publié le 1er juillet 2015
RENTRÉE LITTÉRAIRE 2015 LITTÉRATURE LIVRE LETTRE