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LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE
Le 20 août 2015
Illska
Eiríkur Örn NORÐDAH
Bibliothèque nordique – 24 € / 608 p.
Traduit de l’islandais par Eric Boury
Illska.jpg RÉSUMÉ :
Événement dans l’histoire mondiale : Agnes et Omar se rencontrent par un dimanche matin glacial dans la queue des taxis au centre-ville de Reykjavik. Agnes rencontre aussi Arnor, un néonazi cultivé, pour sa thèse sur l’extrême droite contemporaine. Trois ans, un enfant et une crise de jalousie plus tard, Omar brûle entièrement leur maison et quitte le pays. L’histoire commence en réalité bien avant, au cours de l’été 1941, quand les Einsatzgruppen, aidés par la population locale, massacrent tous les Juifs de la petite ville lituanienne de Jurbarkas. Deux arrière-grands-pères d’Agnes sont pris dans la tourmente – l’un d’eux tue l’autre – et, trois générations plus tard, Agnes est obsédée par le sujet.
Illska parle de l’Holocauste et d’amour, d’Islande et de Lituanie, d’Agnes qui se perd en elle-même, d’Agnes qui ne sait pas qui est le père de son enfant, d’Agnes qui aime Omar qui aime Agnes qui aime Arnor.

L'AUTEUR :
Eiríkur Örn NORDDAHL est né à Reykjavik en 1978. Poète et traducteur, il a vécu à Berlin puis dans plusieurs pays d’Europe du Nord, en particulier en Finlande, et dernièrement au Viêtnam.

Le 20 août 2015
Les Transparents
ONDJAKI
Bibliothèque portugaise – 21 € / 368 p.
Traduit du portugais (Angola) par Danielle Schramm
Transparents_HD.jpg RÉSUMÉ :
Une source d’eau douce, ou une fuite intarissable, s’est ouverte au premier étage d’un vieil immeuble du centre de Luanda. Les habitants s’y retrouvent pour un moment de conversation et de repos. Ce sont des gens simples qui partagent leurs vies et leurs souvenirs, ce sont des personnages surprenants et complexes qui ont des désirs, des rêves, des peines. Ils racontent leurs histoires, la guerre, et pensent à l’avenir. Il y a Odonato qui a la nostalgie de la Luanda d’autrefois, il a cessé de manger pour laisser la nourriture à ses enfants et est en train de devenir transparent.
Il y a Amarelinha sa fille, la brodeuse de perles, qu’aimerait approcher le jeune MarchandDeCoquillages, toujours accompagné du bruit de son sac de marchandise et de l’Aveugle qui le suit. Il y a MariaComForça, qui vend du poisson grillé, et son mari le débrouillard qui monte une salle de cinéma sur le toit de l’immeuble. Le Facteur qui distribue ses lettres de protestation et réclame une mobylette à tous les représentants d’une autorité quelconque. Et Paizinho, le jeune garçon qui cherche à la télévision sa mère dont il a été séparé par la guerre. L’immeuble abrite aussi des journalistes, des chercheurs, des contrôleurs, tous intéressés par les richesses naturelles du pays et le développement de la grande ville africaine : pétrole ou eau potable, corruption ou bien public. Toutes ces histoires tissent la toile de fond d’une Angola en cours de transition brutale entre sa culture traditionnelle et la modernité. L’écriture d’Ondjaki, entre ironie tranquille et critique intelligente, imagination poétique et habileté narrative, emporte le lecteur séduit dans cette aventure.

L'AUTEUR :
ONDJAKI, né à Luanda en 1977, est l’un des écrivains lusophones les plus prometteurs du continent africain. Après des études de sociologie, il travaille sur des projets cinématographiques. Ondjaki a déjà reçu de nombreux prix importants, dont le prestigieux prix Jabuti (jeunesse). Il vit à Rio de Janeiro. Il figure dans le Top 39 des écrivains africains de moins de quarante ans de l’anthologie Africa 39.


Le 27 août 2015
L’Ange de l’oubli
Maja HADERLAP
Bibliothèque allemande - 20 € / 250 p.
Traduit de l’allemand par Bernard Banoun
PREMIER ROMAN
Ange_de_l_oubli_HD.jpg RÉSUMÉ :
Maja Haderlap raconte l'histoire d'une fillette et de sa famille, mais aussi l'histoire d'un peuple, la minorité slovène en Autriche. Elle raconte une enfance dans les montagnes de Carinthie, et son écriture sensible fait entendre les bruits de la maison et du village, les disputes des parents, elle fait sentir les senteurs de l'été, le parfum de la cuisine de sa grand-mère. Son héroïne est aussi une adolescente qui essaie de trouver sa voie dans un univers extrêmement étouffant, englué dans les réminiscences du passé familial et du passé slovène. La Seconde Guerre mondiale est certes terminée depuis longtemps, mais pour la minorité slovène elle est encore omniprésente, marquée par les règlements de comptes, les rapports difficiles avec l'Autriche et la présence d'une frontière quasiment infranchissable avec la Slovénie pour cause de guerre froide. En grandissant la jeune protagoniste lutte pour rassembler les fragments épars de l'histoire familiale et finit par trouver son propre chemin – et son salut – dans l'écriture.

L'AUTEUR :
Maja HADERLAP est née en 1961 à Eisenkappel. Écrivain et poète autrichien, bilingue allemand-slovène, elle vit à Klagenfurt, capitale de la Carinthie. Après des études théâtrales et de philologie allemande à l’Université de Vienne, elle devient assistante de dramaturgie et de production à Trieste et à Ljubljana. De 1992 à 2007, après une thèse d’études théâtrales à l’Université de Vienne, elle travaille comme conseillère artistique au Stadttheater de Klagenfurt.
Issue de la minorité slovène de Carinthie, elle est connue pour ses poèmes en slovène et en allemand. Elle publie également prose et essais en slovène et en allemand ainsi que des traductions du slovène vers l'allemand.
L'Ange de l'oubli, son premier roman, a été récompensé par plusieurs prix littéraires, dont le très prestigieux prix Ingeborg-Bachmann, le prix Bruno-Kreisky et le Rauriser Literaturpreis.


Le 03 sept 2015
Le Rêve du retour
Horacio CASTELLANOS MOYA
Bibliothèque hispano-américaine - 17 €/ 160 p.
Traduit de l’espagnol (Salvador) par René Solis
Reve_du_retour_HD.jpg RÉSUMÉ :
Erasmo Aragón est un journaliste salvadorien exilé au Mexique. Au début des années 90, le gouvernement du Salvador et la guérilla entament des négociations ; il songe à regagner son pays d’origine, ce qui lui permettrait également de planter là sa femme et sa fille, qui l’énervent prodigieusement (d’autant plus qu’Eva sa femme vient de lui révéler sa liaison avec un acteur de pacotille). Hanté par des souvenirs confus, de vieilles culpabilités et la peur de ce qui l’attend au Salvador – après tout, il a toujours soutenu la guérilla – il vit dans un état second, coincé entre les vapeurs de l’alcool et les bouffées d’angoisse. Terrorisé par une douleur lancinante au foie qui l’empêcherait presque de boire si elle ne le poussait pas à se précipiter un peu plus dans la vodka tonic, il consulte don Chente Alvarado, un vieux médecin placide qui lui prescrit des séances d’hypnose censées le soulager. Au réveil, il ne se rappelle de rien. Paranoïaque, égoïste, velléitaire, le narrateur nous entraîne dans un flot de phrases délirantes, au bord de la crise de nerfs, de soirées arrosées en lendemains de cuites, obsessionnel jusqu’à la déraison, organique, désagréable. Avec ce roman brillant, Castellanos Moya continue sa grande exploration de la violence, ici incrustée au plus profond de l’individu, comme si la guerre habitait les corps bien longtemps après la fin des hostilités.


L'AUTEUR :
Horacio CASTELLANOS MOYA est né en 1957 à Tegucigalpa au Honduras. Il a été élevé au Salvador et a vécu à partir de 1979 dans différentes villes d’Amérique et d’Europe. Il a été journaliste à Mexico, a enseigné à Pittsburg et à Tokyo. Il enseigne actuellement la littérature à l’université d’Iowa. Il est l’auteur de 10 romans traduits dans de nombreux pays, et il a reçu en 2014 le prestigieux prix Manuel Rojas pour l’ensemble de son oeuvre.



LE 10 septembre 2015
Si tard, il était si tard James KELMAN
Bibliothèque écossaise - 21 € / 400 p.
Traduit de l'écossais par Céline Schwaller
Si_tard__il_etait_si_tard_HD.jpg Ce roman a reçu le Booker Prize 1994.
RÉSUMÉ :
Un dimanche matin à Glasgow, Sammy, un ancien détenu pour vol à l’étalage, se réveille dans une ruelle, chaussé de souliers qui ne lui appartiennent pas, et tente de se rappeler ses deux dernières journées de beuverie. Sauvagement battu par la police, il se retrouve à nouveau en prison et, petit à petit, se découvre complètement aveugle. Les choses empirent encore : sa petite amie disparaît, la police l’interroge pour un crime mystérieux, il erre dans les rues pluvieuses de Glasgow, en tentant vainement de donner un sens au cauchemar qu’est devenue sa vie. Le médecin qu'il finit par consulter refuse d’admettre qu’il est aveugle et sa tentative d’obtenir des indemnités d’invalidité l’amène à se confronter à la bureaucratie kafkaïenne de l’Etat providence. Le livre est un long flux de conscience où Sammy essaye d’accepter sa cécité, de trouver un secours médical, de comprendre où a disparu sa petite amie et d’échapper à la police qui le croit lié à un type qu’ils soupçonnent de terrorisme politique. Le protagoniste navigue avec un curieux détachement entre ingénuité et acceptation, avec une combinaison de courage et de méfiance qui sonne vrai, de même que certains dialogues entre mettant en scène les diverses autorités, les flics et plus tard son fils adolescent, modèles de rudesse, de tension et d’humour. Ce récit fait d’une prose torrentielle qui ne faiblit jamais, dans le langage non censuré du prolétariat écossais, est une parabole politique subtile et noire sur la lutte et la survie, riche d’ironie et d’humour noir.

L'AUTEUR :
James KELMAN est né en 1946 à Glasgow, où il vit encore aujourd’hui. Il quitte l’école à quinze ans, entre en apprentissage comme typographe, puis vit de petits boulots. Il a publié de nombreux romans, dont Le Poinçonneur Hines, Le Mécontentement, et Faut être prudent au pays de la liberté, ainsi que des recueils de nouvelles. En 2009 et 2011, il était dans la sélection du Man Booker International Prize.



Les résumés sont de l'éditeur.
Article publié le 1er juillet 2015
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