Aliène.jpegLe 50e prix du Livre Inter, présidé par Isabelle Huppert entourée de 24 jurés/auditeurs de la station publique, a été attribué, lundi 3 juin, à Phoebe Hadjimarkos Clarke pour Aliène (Éditions du Sous-Sol), après cinq heures de débats et au troisième tour de scrutin. On ignore le partage des voies entre elle et les autres candidats. Elle succède à Mathieu Belezi récompensé en 2023, pour Attaquer la terre et le soleil (Le Tripode).

Palmarès du prix du Livre Inter
Calendrier des prix littéraires du printemps (2024)

Phœbe Hadjimarkos Clarke est franco-américaine et traductrice de profession.
Le résumé de Aliène :

Fauvel a perdu un œil suite à un tir de LBD. Elle accepte de garder la chienne du père d’une de ses amies dans une maison isolée à la campagne. Hannah n’est pas un chien comme les autres, c’est le clone d’une première Hannah, qui trône empaillée au milieu du salon. Elle suscite les peurs et les reproches muets du village, à mesure qu’on découvre au matin des animaux massacrés, et qu’elle-même rentre parfois ensanglantée.

Cette situation est le point de départ d’un récit de traque et de cauchemar délicatement progressif, la plupart du temps fantomatique. Jamais l’assaillant n’est clairement nommé, jamais la cible n’est clairement identifiée. Fauvel sait être une proie, mais de qui ? Dans le village, un groupe de chasseurs, tous ouvriers ou anciens ouvriers de l’usine d’eau minérale, peu loquaces et mal lotis par la vie, font naître les fantasmes, tantôt sexuels, tantôt horrifiques. Et plus particulièrement chez Fauvel, coupée du monde par sa conscience éparpillée, et chez Mitch, un jeune sociologue qui enquête sur les récits d’enlèvements par les extraterrestres, nombreux dans la région, surtout chez les anciens ouvriers de l’usine.

Au fil d’une pseudo-enquête hallucinée, le roman explore les notions de domination, d’animalité et de violence. À travers la proximité, voire l’amalgame entre animaux et humains, Aliène questionne la nature de ce qui est caché, la vie animale, et surtout l’instinct de peur. Tel est le véritable fil du récit, rarement traité avec autant de nuance et de force.



Publié le 3 juin 2024